Le plan Ahtisaari est un échec: «230 000 Serbes et membres d’autres minorités expulsés»

Extraits d’une interview à la Radio X de Dusan Simko, chargé de cours à l’Institut de géographie de l’Université de Bâle sur l’indépendance prévue du Kosovo (17 mai 2007, interview: Benjamin Schett)

Extraits d’une interview à la Radio X de Dusan Simko, chargé de cours à l’Institut de géographie de l’Université de Bâle sur l’indépendance prévue du Kosovo (17 mai 2007)

Pourriez-vous nous expliquer brièvement le contenu du plan Ahtisaari?
Malheureusement, le plan du médiateur onusien Athisaari s’oriente d’après l’idée de réaliser d’abord l’indépendance de la région du Kosovo. Les droits des minorités (Serbes, peuple Rom, Gorans, Bosniaques, Turcs) ne devront être respectés qu’ultérieurement par le gouvernement kosovar. Donc Ahtisaari et ses diplomates se sont éloignés de la résolution 1244 de l’ONU qui garantit un Kosovo multiethnique mais sans séparation. En plus, l’armée rebelle UÇK n’a pas été désarmée mais transformée en une sorte de service technique qui, d’abord, aurait dû rester une petite troupe policière mais qui, en réalité, représentera très certainement la future armée du Kosovo indépendant […]

Comment voyez-vous le Kosovo dans le contexte des autres conflits des Balkans?
Le Kosovo n’a jamais été un Etat indépendant, mais le centre de la Serbie médiévale et fut, après la fin de l’occupation ottomane, rattaché à la Serbie en 1912. En 1991, la «commission Badinter» pour la Yougoslavie décida l’interdiction de toucher aux frontières des républiques partielles. C’est donc pour la première fois depuis 62 ans qu’un membre des Nations-Unies est dépecé. Beaucoup d’experts en droit international, par exemple le professeur Fleiner de Fribourg, voient cela comme un réel précédent. Le conflit avec la Russie, disposant d’un droit de veto et craignant des conflits avec ses propres minorités, est donc programmé.

Quelles pourraient être les conséquences d’un Kosovo indépendant dans la région et dans le monde entier?
Au cours des sept dernières années, 230 000 Serbes et membres d’autres minorités ont été expulsés, 165 églises et cloîtres ont été détruits. Tout cela s’est passé sous les yeux de la Kfor et de l’Unmik. Nous constatons donc une militarisation et une déstabilisation de la région. Ni le chômage ni la criminalité ne diminueront. Dans le futur gouvernement du Kosovo, il y aura des criminels de guerre présumés et des membres des clans criminels qui exercent la traite des hommes et le trafic de drogues.
Le plan Ahtisaari est un échec parce qu’il ne s’adresse qu’à une seule partie. Il méprise le fait que tant le gouvernement serbe que la constitution serbe, qui désigne le Kosovo comme partie inséparable de l’Etat serbe, sont démocratiquement légitimés. Le Kosovo en tant que précédent est aussi problé­matique pour certains Etats d’Europe occidentale mais surtout d’Europe orientale parce que, là aussi, il y a des mouvements d’indépendance au sein d’un certain nombre de minorités.

Source: Radio X du 17/5/07
(Traduction Horizons et débats)
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=228

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